jean marie joseph coutelle
 

Le mans 1748 – 183 Paris

 

premier officier d’aéronautique

colonel sous-inspecteur aux revues

chevalier de l’empire

                                                                                                                   

 

 

Père Lachaise

11e division

                    

Coutelle est né au Mans le 3 janvier 1748.

Il fait avec distinction ses études au collège du Mans. Mettant en pratique l'invention que Franklin venait de faire, il établit sur la maison de son père un paratonnerre, le premier qui fut installé an Mans.

En 1772, il se rend à Paris. À la Cour de Versailles, Jean Marie Joseph Coutelle est, tout d’abord,  professeur de physique du comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X ; il fait la connaissance d’un éminent physicien, Alexandre Charles, qu’il retrouvera en d’autres temps à Maubeuge.

Charles et Coutelle s’intéressent de près au nouveau système des ballons et assistent à l’expérience des frères Montgolfier. Charles a l’idée de remplacer l’air chaud par le gaz hydrogène pour gonfler les sphériques. Le système est éprouvé et se révèle concluant. Arrive la tourmente révolutionnaire et, Coutelle, que l’exemple de Versailles paraît avoir édifié, se rallie au nouveau régime.

À la suite d'expériences faites par Guyton de Morveau, le Comité de salut public décida d'employer des aérostats lors d'opérations militaires. Lorsqu'en 1793, le gouvernement eut adopté la proposition faite par les savants de se servir des aérostats pour la défense de la patrie, Coutelle, qui avait aidé Guyton de Morveau dans ses travaux, est chargé de mettre le projet à exécution et d'organiser une compagnie d'aérostiers. Ainsi, le 29 octobre 1793, peu après la bataille de Wattignies décide-t-on de construire un de ces ballons.

Le 2 avril 1794, la convention décrète la formation de la première compagnie d'aérostiers placée sous le commandement du capitaine Coutelle, premier officier d'aéronautique, au château de Meudon, lieu de fabrication des ballons destinés aux armées de la République.

En 1794, la compagnie, à son arrivée à Maubeuge, est assez mal accueillie, l’atmosphère étant à la suspicion et à la délation. La compagnie est logée au collège. Le ballon préparé est L’Entreprenant: il a 27 mètres de diamètre, emporte 140 livres de lest et deux personnes.

Le 2 juin 1794, premier emploi militaire de l'aérostation : le ballon captif l'Entreprenant est monté par le capitaine Coutelle et l'adjudant Radet (l’adjudant-général ?) au siège de Maubeuge. Coutelle procéda aux premières observations de l'ennemi pris de panique : « L'effet moral produit dans le camp autrichien par ce spectacle si nouveau fut immense ; il frappa surtout les chefs qui ne tardèrent pas à s'apercevoir que leurs soldats croyaient avoir affaire à des sorciers ».

 Premier incident aussi, car le ballon est plaqué par le vent « contre le clocher d’une église voisine », raconte Coutelle. Il s’agit de la chapelle du collège d’aujourd'hui, mais tout rentre dans l’ordre et L’Entreprenant repart, Coutelle ayant près de lui le général Morlot.

Coutelle passe des heures entières en observations, notant les moindres mouvements de l'ennemi.

Le 25 juin 1794 : siège de Charleroi durant lequel les positions de l'ennemi sont précisément relevées grâce à L'entreprenant. L'ennemi, contrarié et dérouté par cette arme mystérieuse et invulnérable, capitule le lendemain.

Le 26 juin 1794 : bataille de Fleurus durant laquelle le ballon captif L'entreprenant renseigne l'état-major du général Jourdan. Les Autrichiens sont vaincus. « Certainement, dit le capitaine lui-même, ce n'est pas l'aérostat qui nous a fait gagner la bataille ; cependant, je dois dire qu'il gênait beaucoup les Autrichiens qui croyaient ne pouvoir faire un pas sans être aperçus, et que, de notre côté, l'armée voyait avec plaisir cette arme inconnue qui lui donnait confiance et gaieté ».

                                                                                                         

Médaille britannique -Official Royal Air Force Museum Medal -commémorant le premier fait d'armes aéronautique.

Les ascensions étaient très périlleuses, car l'aéronaute avait à redouter les balles et les boulets que les ennemis ne lui épargnaient pas quand le vent poussait l'aérostat de leur côté. Le ballon remplira sa mission jusqu’au 6 juillet où, déchiré par un arbre, il sera ramené à Maubeuge pour réparation.

Le 25 février 1796, Coutelle est nommé chef de bataillon en récompense de ses services.

Avec un autre aérostat, Coutelle est attaché à l'expédition d'Égypte, mais ne peut exercer son emploi, le feu ayant dévoré le vaisseau qui portait son matériel. Cela ne lui empêcha pas de se rendre utile ; il fouilla l'Égypte avec les savants et contribua pour une large part à toutes leurs découvertes.  

Lors du voyage de la commission des Arts, à Thèbes, Coutelle eut l'idée d'amener en France les deux obélisques de Louqsor, cette proposition ne fut mise à exécution que 25 ans après, par un autre.  

Le transport difficile des aérostats et la construction de leur four à hydrogène s'accommodent mal de la guerre de mouvements que mènent les généraux français. Finalement, par décret du 18 février 1799, les aérostiers sont licenciés et l'école de Meudon est fermée.

Le 19 pluviôse an 8 (8 février 1800), Kléber nomme Coutelle chef de brigade à titre provisoire.

Rentré en France, « Coutelle, chef de brigade des aérostiers de l’armée d’Orient » est nommé sous-inspecteur aux revues par arrêté du 1er nivôse an 10 (22 décembre 1801) ; note : un état des services de la fin du XVIIIe siècle indique 9 nivôse. Napoléon a considéré que le texte de cette nomination était une confirmation de son grade de chef de brigade (colonel).

Membre de la Légion d’honneur le 17 janvier 1805, il est à la Grande Armée de 1805 à 1807 ; il sera intendant de Wurtemberg (à cette époque ?). Il passe ensuite en Espagne et  se trouve le 29 mars 1809 à la bataille de Médellin où il a le bras cassé par une balle.

Chevalier de l’Empire par lettres patentes du 28 juin 1809, il est promu sous-inspecteur de deuxième classe, le 18 décembre 1809.

Toujours sous-inspecteur aux revues, il est mis à la retraite en 1816 ; il sera chevalier de Saint-Louis le 2 juillet 1817. Son âge et ses infirmités ne l'empêchèrent pas de contribuer à la fondation de l'École mutuelle et de la première salle d'Asile du Mans.

Il meurt le 20 mars 1835, à Paris XIe ; sa tombe est au cimetière du Père Lachaise à Paris.

                                                                                                                                                                              (Avec la collaboration de Bernard Quintin)

 

Restauration 2004

Souvenir français - ACMN

 

 

Avant restauration : Après restauration :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

photographies : Dominique Médard

              Retour à la page de récapitulation des restaurations

    Retour à la page d'accueil