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REGULARISATION DES SANS-PAPIERS : APRES L’ACCORD DE GOUVERNEMENT, POURSUIVRE LE COMBAT POUR UNE AUTRE POLITIQUE D’IMMIGRATION. Le gouvernement s'est mis d'accord sur une opération de régularisation. Des critères ont été établis qui concernent les personnes victimes d'une trop longue procédure d'asile due à l'administration. Pour les familles avec enfants scolarisés, la durée estimée de longue procédure est plus courte que pour les autres personnes ou autres familles. Celles et ceux qui peuvent prouver 5 ans de séjour ininterrompu pourraient être régularisés sur la base de "l'ancrage local durable". Pour les demandeurs qui sont en séjour ininterrompu depuis au moins le 31 mars 2007, une régularisation par le travail serait possible : il faut alors fournir la copie d'un contrat de travail, soit à durée déterminée d'au moins un an, soit à durée indéterminée avec un salaire égal au salaire minimum garanti. Ces contrats de travail doivent être complétés par les avis positifs des régions pour l'octroi du permis de travail. Après une lutte de plusieurs années, un premier pas qui en appelle d’autres : L'association Droits Devant s'est investie dans ce combat depuis 2005. Cela fait donc quatre ans que nous participons à un large mouvement national et que nous attendons une solution. L'accord intervenu est un premier pas dû à l'obstination et à la détermination des sans-papiers, qui, jour après jour, pendant plusieurs années, ont lutté pour revendiquer un droit à une existence conforme à la dignité humaine. Nous saluons le courage de tous les sans-papiers qui s’investissent dans ce combat, parfois au péril de leur vie ou au risque d'une arrestation, d'un enfermement et/ou d'une expulsion. Nous saluons également tous les soutiens qui se sont exprimés et l'on sait par exemple que les prises de position des avocats, des communautés religieuses, des étudiants, des professeurs, des syndicats, d'un certain nombre d'artistes et des associations, ont pesé lourd dans la balance pour obtenir ce premier pas en avant. Nous revendiquons : un moratoire sur les expulsions, une politique permanente et une commission indépendante de régularisation. Nous réclamons la suppression des centres fermés. L'opération actuelle de régularisation est un "one shot". Nous demandons une politique permanente de régularisation car il est sûr que nous retrouverons les mêmes situations dramatiques dans le futur si on ne va pas dans ce sens là. Dans l'accord de gouvernement, il s'agit toujours bien de traiter "au cas par cas". Les décisions sont laissées à l'appréciation du "ministre", c'est à dire de l'Office des Etrangers même si le demandeur pourra être entendu par la Commission Consultative des Etrangers. Nous continuons à demander la mise sur pied d'une commission indépendante de régularisation. Beaucoup de personnes incarcérées dans les centres fermés sont dans les critères définis pour cette opération "one shot". Leur droit d'introduction d'une demande de régularisation doit être respecté. Nous réclamons avec insistance un moratoire sur les arrestations et les expulsions. Nous rappelons que les personnes emprisonnées dans les centres fermés n'ont commis aucun délit et que ceux-ci n'ont donc aucune raison légitime d'exister. Nous continuons donc également le combat pour la suppression des centres fermés.
Assouplissement des conditions de
régularisation par le travail.
Droits Devant propose un grand
rassemblement national. Droits Devant : Assemblée du 3 août 2009. |
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Appel à la manifestation du 20 décembre 2009 Régularisation des sans-papiers : Après l'accord de gouvernement, poursuivre le combat pour une autre politique d'immigration Souvenirs de la marche de solidarité du 21 janvier 2006 à Morlanwelz
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| Contenu de l'accord sur la régularisation des sans papiers | |||
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"Carnets noirs des centres fermés" Par Oscar Florès de la Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
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Souvenirs de la marche de
solidarité de Morlanwelz
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Samedi 21 janvier
2006, nous étions plus de 200 personnes à manifester du départ du
centre d'accueil pour réfugiés de Morlanwelz jusqu'à l'hôtel de
ville. |
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Est-ce un rêve ?
Comment peut-on rêver étant éveillé ?
Mais c’est bien réel et croire que mes yeux ne me trompent pas, croire
que je maîtrise toutes mes facultés face à cette réalité
n’est-il pas un leurre ?
Me dire qu’enfin je suis hors de danger, loin des griffes meurtrières du
rapace, je n’en reviens pas.
Pourquoi continuer à douter de ce qui m’arrive ?
Je suis partie de mon pays, le Burundi parce qu’on a tué mon mari. Tué
par les jeunes du quartier où j’habitais; tout simplement parce qu’on
était Hutu et eux Tutsi.
Moi, je suis parti de mon pays, la Guinée Konakry car je voulais sauver
ma vie.
Chez nous, les droits de l’homme n’existent qu’en paroles. Si une
personne est soupçonnée, on l’arrête et parfois tout le quartier est
arrêté en même temps qu’elle.
Alors j’ai fui avant qu’il ne soit trop tard. Que ressent-on en fin de
compte ? Soulagement et dégoût. Soulagement parce qu’on a pu éviter le
pire… Dégoût parce qu’aucune perceptive d’avenir n’est certaine.
Moi, je viens du Congo, la guerre y a produit une classe politique
étrange, paradoxalement soutenue par l’ONU, des bailleurs de fond
internationaux et l’Union européenne. La dite classe politique se constitue de tout
ce que le Congo compte comme criminels de guerre, de violeurs,
d’incitateurs au génocide, de pillards de ressources naturelles,…Ceux
qui osent critiquer ce système et qui appellent le peuple à réclamer la
justice sont taxés de fauteurs de trouble et font l’objet d’arrestations
et de répression politique, c’est le monde à l’envers.
Quand je suis arrivé ici, je me suis dit que j’avais sauvé ma vie.
Quand j’ai passé la douane, on m’a dit « bonne arrivée,
monsieur ». C’est la première fois que quelqu’un me
disait « ça va aller ».. J’avais de la
tristesse dans mon cœur mais les mots m’ont soulagé
Je n’ai plus vu les militaires avec leurs fusils, leurs grenades.
J’étais sauvé.
Arrivés ici, dans le centre où nous vivons,
il y a des gens qui sont bien habillés, propres, qui paraissent
normaux .Mais dans leur tête,ça ne se passe plus bien, ils deviennent
fous.
Leur vie s’est aggravée.
Dans le centre, quand tu restes longtemps, tu as le temps de penser.
Tu penses parfois à te suicider.
Au moins 6 personnes partagent une chambre où souvent le chauffage est
coupé.
Nos enfants en bas âge, petits ou grands dorment avec nous, ils n’ont
pas de lieu pour faire leurs devoirs.
La promiscuité, c’est difficile à vivre, ça rend fou
On se sent vraiment diminué et on n’a plus de dignité.
On ne peut pas travailler. On ne sait pas combien de temps on
doit attendre. Beaucoup n’arrivent même pas à manger à cause de la
nourriture et il est strictement interdit pour nous de cuisiner au
centre.
On est gardé comme des enfants qui n’ont pas le droit de regarder la
T.V. trop longtemps, de parler jusque 2-3h du matin . Nous n’avons aucun
divertissement.
Dans nos douches, l’eau est souvent froide et cela pose problème.
Certains ont accès aux soins médicaux, selon le niveau que l’on atteint
dans la procédure; mais il faut que les soins soient les moins chers
possibles.
Parfois, on peut faire une
formation,
mais peu d’entres nous
les achèvent, car le lieu est souvent éloigné et on n’a pas de
moyen de transport. On nous donne 3,80 € par semaine, c’est tout ce que
nous avons, ce n’est pas avec ça
que l’on peut se payer un abonnement.
Nous vivons toujours dans l’inquiétude, nous ne connaissons pas notre
sort. Alors on attend nos papiers, un mois, 6 mois, un an, trois ans.
Beaucoup dépriment face à ces problèmes et ceux qui durent au centre
sont ceux qui ont les nerfs solides et sont restés normaux.
Ici, au pays des droits de l’homme, on ne te dit pas qu’on te tue mais
on te tue petit à petit.
Des fois, je me dis que je
ne
suis pas plus en liberté ici qu’au pays. Ici, je préfère l’hiver car je
vois ainsi que je suis vraiment en Europe, que je suis vraiment parti.
Heureusement, il y a des gens qui nous
écoutent, qui donnent des conseils.
Quand on parle ça nous fait du bien, ça nous donne le moral.
Même si ça
ne nous donne
pas des papiers, ça nous donne la vie.
Quelqu’un qui fait le bien ne l’a jamais regretté.
Tous nous avons le désir de vivre normalement, dans la dignité humaine
car nous ne sommes pas des criminels.
Nous espérons qu’un jour tout ira bien, que les autorités nous donneront
nos papiers pour vivre normalement, comme tout le monde,
avoir accès aux soins, aux études, aux formations, au logement,
être libre comme tout le monde.
Nous sommes remplis d’espoir.
Texte écrit par des résidents du centre de Morlanwelz et d’autres
demandeurs d’asile en attente de leurs papiers et d’une vie meilleure.
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