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Retour édito du journal "D'ici et d'ailleurs" de février
2010. |
DAS (Défense des allocataires sociaux) – Droits Devant ! 18 février 2010
Elio
DI RUPO au Conseil communal de Mons de janvier 2010. « Il est beaucoup trop facile, un, d’effrayer, deux, de dire que c’est une chasse » « Ce sytème est quand même loin de l’image que l’on veut en donner de quelque-chose qui ressemblerait à une chasse aux chômeurs » « Le contrôle s’inscrit dans une mécanique extrêmement transparente et positive » « … et éventuellement une exclusion qui de toute façon n’est toujours que temporaire puisque le chômeur peut retrouver ses droits » Lors du Conseil communal de janvier 2010, Elio DI RUPO a longuement argumenté au nom du Collège contre une motion déposée par un conseiller à propos du contrôle des chômeurs. La motion était pourtant plus que modérée : elle ne réclamait ni moratoire, ni suspension ni retrait du plan d’activation[1]. Une autre motion déposée par le collège a été votée à la majorité, Elio DI RUPO compris. Il s’agit de la motion proposée par l’Union des villes et communes[2]. Depuis lors, le PS a pris position publiquement[3]. Son président a dénoncé quelques dérives parmi les plus criantes et appelé à « moins d’exclusions », mais il continue à défendre l’activation des chômeurs. Elio DI RUPO défend le plan d’activation et la manière dont il est appliqué. Il décrit un plan où tout se passe de manière bon enfant : Le chômeur discute avec le facilitateur. Il a des droits et des garanties (le droit d’être accompagné, la possibilité d’introduire une recours devant la Commission administrative). Le processus de contrôle est précédé d’un long parcours d’accompagnement par le Forem. De nombreux chômeurs sont dispensés du contrôle (les plus de 50 ans, les personnes en incapacité de plus de 33%, les prestataires en ALE,…). Les démarches demandées par les facilitateurs sont légitimes et sont d’ailleurs discutées en Comité de gestion de l’ONEM où se retrouvent patrons et syndicats. Les sanctions et exclusions ne sont prononcées qu’après un long parcours d’accompagnement, de la part de l’ONEM cette fois. Les exclusions « éventuellement » décidées ne sont « de toute façon que temporaires puisque le chômeur peut retrouver ses droits ». Le stress vécu par le chômeur sous contrat est décrit comme suit pas Di RUPO : « C’est clair qu’il peut même dire, avant les 4 mois : Voilà ce que j’ai effectué comme démarches et solliciter du facilitateur le fait qu’il soit considéré comme étant dans les règles et être tranquille pour au moins 12 mois ». Sans compter que ceci est rigoureusement faux, on ne peut qu’être sidéré par la désinvolture avec laquelle le président du PS décrit une pratique de contractualisation qui a d’ores et déjà abouti à des milliers de sanctions et d’exclusions. Les exclusions définitives ne seraient donc que temporaires, selon Di RUPO, puisque le chômeur pourra retrouver ses droits après avoir à nouveau travaillé le temps nécessaire à l’ouverture du droit aux allocations. Ceci n’est plus de la désinvolture, c’est du cynisme ! Elio DI RUPO défend à tout crin le plan. Il n’a même pas eu, lors de sa longue intervention au Conseil communal, un seul mot pour dénoncer les dérives les plus criantes consécutives à une application jusqu’au boutiste du contrôle par certains facilitateurs et directions régionales de l’ONEM. Certaines voix s’élèvent, sans être pour le retrait, pour suggérer une révision du plan en vue d’en adoucir un tant soit peu certaines modalités. Au Conseil communal de Mons, Di RUPO ne s’y est pas joint ! Depuis lors, il a proposé de « tenir compte de la réalité de l’emploi dans certaines sous-régions ». C’est-à-dire ?? Selon le président du PS, le contrôle des chômeurs est justifié par « la nécessité de préserver la crédibilité des mécanismes de protection sociale, de maîtriser les abus et, en tout cas, des dérives s’il devait en exister ». Nous y voici donc : les dérives éventuelles qui le tracasse, ce sont les abus des chômeurs, pas les abus de pouvoir de l’ONEM. Nous y voici donc également : pour sauver le système de la sécurité sociale, il faut l’attaquer dans ses fondements. Dès lors, Elio DI RUPO a beau dire, presque au détour d’une phrase, que les chômeurs ne sont pas responsables de leur situation, il a en fait suggéré le contraire tout au long de son intervention. Quant à la justification « historique » qu’il avance pour avoir accepté et voté le plan de contrôle en 2004 : c’était ça ou l’obligation faite par les « hauts responsables néerlandophones » de retirer les allocations de chômage du système de la sécurité sociale. Ouf, on l’a échappé belle ? Nous ne nous laisserons pas aveugler par une justification aussi grossière. A notre tour de lui dire : Il est beaucoup trop facile, un, d’effrayer, deux, de dire que ce n’est pas une chasse… [1] « Le Conseil communal décide de demander au Gouvernement fédéral de renoncer à toutes les mesures privant des indemnités de chômage les personnes n’ayant pas trouvé un travail convenable ; d’intensifier la lutte contre contre le travail au noir organisé à grande échelle ; de tout mettre en œuvre pour créer, comme il s’était engagé, 200 000 emplois nouveaux dans les trois ans à venir et d’impulser en coopération avec la Région Wallonne et la Communauté Française une politique volontariste d’accompagnement et de formation des demandeurs d’emploi en particulier pour les jeunes et les chômeurs de longue durée ».
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