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| Statut cohabitant, ça suffit - Chapitre 11 |
UNE COTISATION : UN DROIT ! POUR LES DROITS SOCIAUX INDIVIDUELS ! |
PAR ISABELLE SIMONIS SECRETAIRE GENERALE DES FEMMES PREVOYANTES SOCIALISTES ET FRANCOISE CLAUDE DU SERVICE D'ETUDES DU SECRETARIAT GENERAL DES F.P.S. |
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| Sommaire
Chap.1:
Statut cohabitant ça suffit! par F Bouchez
Chap.7:L'exclusion
est-elle inhérente au système capitaliste? Interview de M
Godenir et S Baguet de Couleur Jeunes
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La sécurité sociale des travailleurs salariés, telle qu'elle a été conçue en Belgique au sortir de la guerre, n'a pas pour but de lutter contre la pauvreté (c'est le rôle de l'aide sociale, qui implique une enquête sur les ressources) mais d'empêcher d'y basculer. Elle
se présente comme une assurance, c’est – à - dire que le simple
fait de cotiser ouvre un droit aux prestations quand le risque
survient (chômage, maladie, vieillesse).
Elle organise en outre la solidarité,
c’est - à - dire que tout le monde cotise pour tout le monde :
les bien portants pour les malades, les jeunes pour les vieux…
Une
conception familialiste dépassée ! Nous
revendiquons quant à nous l'individualisation des droits qui suppose
l'équation : Pour
simple qu'elle paraisse, cette formule est loin d'être d'application
dans tous les cas : -
Quand il s’agit de percevoir les cotisations (les retenues
ONSS sur le salaire), on ne prend en compte que l’individu
travailleur, ce qui est normal, et non sa situation de famille. Tout
le monde cotise donc de façon équitable, proportionnellement à ses
revenus. Par contre , quand il s’agit de verser l’allocation (chômage,
invalidité, pension), on prend en compte le ménage et non plus
l’individu (ex : l’allocation diminuée pour les chômeurs
cohabitants, pensions de retraite au taux « ménage »…).
Ce système a des
conséquences profondément injustes : alors que les femmes chômeuses
(la plupart des cohabitants) ont, quand elles travailllaient, cotisé
au même taux que tout le monde, elles perçoivent des allocations de
chômage diminuées qui ne leur permettent absolument pas d’être
financièrement indépendantes. -
A l’inverse de nombreuses personnes (les femmes au foyer
essentiellement) bénéficient de prestations sans jamais avoir cotisé.
Ce sont des droits dérivés, liés par exemple au mariage avec un
cotisant.
Il va de soi que nous parlons ici de personnes adultes, les droits
dérivés pour les enfants relevant d'une autre logique. Un
débat sur la politique familiale serait sûrement nécessaire, mais
ne fait pas l'objet du présent document. Dans
les faits, ces deux phénomènes, apparemment contradictoires, mènent
en fait à des conséquences très
cohérentes :
la
dévalorisation du travail féminin et l’encouragement au statut de
femme au foyer. Si
l’on prend l’exemple des pensions de retraite et de survie,
le plus choquant sans doute et le plus injuste socialement, on arrive
en effet à une situation où les femmes au foyer, n’ayant jamais
cotisé, bénéficient une fois veuves, de pensions nettement plus élevées
que les femmes ayant travaillé et cotisé toute leur vie. En effet,
le montant de la pension est calculé sur la base des salaires perçus
en cours de la carrière de leur mari, et le revenu professionnel
moyen des hommes est d’environ 2/3 plus élevé que celui des
femmes. La pension de survie (de veuve), dérivée de la carrière du
mari, sans cotisation supplémentaire, sera donc plus élevée en
moyenne que la pension en retraite des femmes ayant travaillé et
cotisé. Cette situation sera nettement aggravée par le passage du
calcul de la pension des femmes travailleuses en 45ème,
qui leur fera encore perdre en moyenne 11% de leur pension actuelle. L’équilibre du budget de la Sécurité sociale est très largement grevé par ces mécanismes. Ainsi par exemple, plus de 35% des dépenses dans le secteur des pensions couvrent ces droits dérivés acquis par le mariage. Le
principe des droits dérivés va de plus à l'encontre de l'autonomie
des femmes au foyer, dont la protection sociale dépend actuellement
de la solidité de leur mariage et peut donc être mise en péril à
tout instant. L'individualisation des droits... Nous
plaidons donc pour une individualisation totale des droits en Sécurité
sociale des adultes, sans cependant pénaliser les situations acquises
sous la législation actuelle. En
pratique cela veut dire la suppression du statut du cohabitant et la
perception d’une cotisation autonome des adultes qui, par choix
individuel, se situent en dehors du marché de l’emploi. Actuellement, ces personnes (ou plutôt ces couples)
s’excluent volontairement de la solidarité quand il s’agit de
cotiser, mais en bénéficient largement pour les prestations. Dans
les faits, si on prend l’hypothèse d’un couple qui décide que
l’un des deux ne se situe pas sur le marché de l’emploi (ni comme
travailleur/euse ni comme demandeur/euse d’emploi) il aura à verser
des cotisations supplémentaires afin que les deux puissent bénéficier
de la sécurité sociale. Le coût de la suppression du statut de cohabitant sera très
largement compensé par ces cotisations. Le « bénéfice »
restant permettra d’une part de relever les prestations les plus
basses dans les différents secteurs, et d’autre part d’affronter
le vieillissement de la population. Cette
individualisation doit naturellement se faire par paliers. Nous
proposons les aménagements suivants : -
Les
ménages et les veuf(ve)s ayant déjà atteint
l’âge de la pension ne seraient donc pas touchés par la
mesure et ne verraient en rien leurs droits modifiés. -
Les
jeunes terminant leur scolarité soit entreraient (en trouvant du
travail ou en s’inscrivant comme demandeur d’emploi) sur le marché
de l’emploi, soit verseraient une cotisation autonome afin de
s’assurer une couverture sociale. - Les personnes en situation intermédiaire et n’étant jamais entrées, ou ayant quitté le marché de l’emploi (ex : une femme au foyer de 40 ans, mariée, ayant arrêté de travailler depuis 15 ans) garderaient les droits dérivés qu’elles ont acquis sous la législation actuelle (dans notre exemple, resterait acquise une pension calculée sur 15 ans de la carrière du mari, plus les années de travail accomplies par la femme avant l’arrêt) à la date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi, elles se verraient assujetties à une cotisation autonome si elles veulent bénéficier de prestations complètes. ...Pour une citoyenneté sociale. ON L'AURA COMPRIS, IL NE S'AGIT PAS SEULEMENT POUR NOUS D'ATTEINDRE DES OBJECTIFS BUDGETAIRES, MEME S'ILS VIENNENT A L'APPUI DE NOTRE REVENDICATION. IL S'AGIT ENFIN DE FAIRE ACCEDER LES FEMMES A UNE PLEINE CITOYENNETE, INCLUANT LA CITOYENNETE SOCIALE. EN EFFET, ACTUELLEMENT, ON A ENCORE A FAIRE A UNE SORTE DE DROIT PLURAL QUI DONNE "AU CHEF DE FAMILLE" DES DROITS MAJORES SANS CONTREPARTIE, ET IMPLIQUE LA DEPENDANCE FINANCIERE ET MORALE DES PERSONNES QU'IL A "A SA CHARGE" (MAIS QUI SONT EN REALITE, A LA CHARGE DE LA SOLIDARITE COLLECTIVE). RIEN A VOIR DONC, TOUT AU CONTRAIRE, AVEC UNE REVENDICATION "INDIVIDUALISTE" COMME CERTAINS L'ENTENDENT DANS LE MOT "INDIVIDUALISATION". IL S'AGIT SIMPLEMENT DE RECONNAITRE A CHAQUE INDIVIDU DES DROITS QUI LUI SONT PROPORES ET NE DEPENDENT PAS D'AUTRUI. |
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