Journal de notre retourmardi 20 avril 2010 @ 21:00 Nous avons quitté Marrakech, dimanche matin, à 10h. sous le soleil et le ciel bleu. A l'aéroport de nombreux vols était annulés, mais le nôtre, vers Madrid, était toujours ouvert. Nous avons décollé à 13h05, sans trop savoir ce qui nous attendait plus loin. Après une halte de 6 heures dans l'aéroport surchargé de Madrid, nous avons eu la chance d'obtenir des places dans le seul car pour Bruxelles. Après plusieurs vérifications des listes et des passeports (dernière frayeur en embarquant : le nom de Jean-Pierre n'avait pas été recopié sur la liste de réservation !), nous avons laissé Madrid vers 23h. Commençait alors les 1600 km et 21 heures de route vers le Nord. Nous sommes arrivés à l'aéroport de Bruxelles, lundi, 20h, le minibus de la société Atlas Cars nous y attendait pour le dernier trajet vers la Basse-Meuse. 43 belges nous accompagnaient et rejoignaient aussi le pays, certains, après un périple bien plus long que le nôtre. Deux étudiantes (6° médecine à l'UCL) revenaient d'un stage de trois mois au Chili. Elles avaient quitté Santiago samedi matin. Une famille , avec des petits enfants, rentrait d'Equateur, une autre famille rentrait d'un voyage au Pérou. Bientôt, nous prendrons le temps de vous raconter plus en détails nos 15 jours au Maroc. Sachez déjà qu'ils furent, pour chacun de nous, extraordinaires. En partageant le quotidien de nos hôtes, nous avons, à chaque étape, apprécié la qualité de leur accueil et leur grande disponibilité envers nous, tissé des liens d'amitié, découverts de fabuleux paysages, ... A bientôt Le retour suitelundi 19 avril 2010 @ 09:30 Nous avons quitté Madrid hier en bus vers 23H. Nous sommes dans la région de Bordeaux (sans pouvoir en profiter). Le retour est prévu pour cette nuit. Bonne journée à tous Rentrera, rentrera pas ?dimanche 18 avril 2010 @ 21:10 Comme vous le savez tous, un épais nuage de cendres survole le ciel européen. L'aéroport de Madrid est ouvert. Nous avons donc pris notre premier avion en direction de l'Espagne. Nous serons "accueillis" à l'aéroport. Nous n'avons cependant aucune certitude quand à l'heure ... ou la date du prochain vol vers Bruxelles. Nous vous donnerons des nouvelles très prochainement. Bonne soirée à tous. Dimanche à Marrakech - dernier jourdimanche 18 avril 2010 @ 21:04 Demain : rentrée scolaire. Nous en sommes bien loin ! Nous avons encore quelques heures à savourer ici. Les parfums du Sud nous ont envoûtés, ils pourraient presque nous retenir ... Nous avons bourlingué, grands explorateurs de vie, aventuriers de rencontres, amoureux de paysages, amateurs de tant de gourmandises, ... Les cartes mémoires de nos appareils débordent, tous nos sens aussi ! Nous profitons avidement de ces quelques dernières heures. Nous avons ce sentiment ambigu des voyageurs qui s’apprêtent à rentrer : l’envie irrésistible de s’attarder, encore un peu, et la joie prochaine des retrouvailles avec la famille, les amis, les copains, ... La fatigue, bien réelle qui s’est accumulée, nous ne la ressentons pas encore. Elle viendra, dans quelques jours, avec cette impression de décalage, de ne plus être à sa place, intuition intime que le monde a changé autour de nous. Mais c’est nous qui avons changés. Quelles que soient les péripéties auxquelles nous avons fait face, ces quinze jours sont devenus une expérience de vie avec laquelle nous allons composer. Bonne route à chacun. Samedi à Marrakechsamedi 17 avril 2010 @ 21:54 En arrivant hier soir, nous avons découvert la fameuse place Jemaa el-Fna, “Réunion des trépassés”. Autrefois, les sultans y suppliciaient les criminels et les rebelles, et y exposaient leurs têtes ! Aujourd’hui, lieu d’échange de renommée internationale, elle s’anime dès la fin de l’après-midi : marchands d’épices, de fruits, de portes bonheur, conteurs, musiciens, ... s’y retrouvent. Elle fait place aussi à un immense barbecue dont la fumée et les senteurs de grillades embrument l’atmosphère. Marrakech, tu as toute une matinée pour nous faire découvrir une partie de tes secrets et de tes trésors : Oasis des Almohades, Tombeaux Sâadiens, Mosquée de la Koutoubia, Madrassa Ben Youssef, Les portes et les remparts, Les souks, ...Nous déambulons à travers la Médina, à la découverte de l’histoire ancienne de la ville rouge. Quelques portes s’entrouvrent pour nous laisser pénétrer dans la vie intime de la cité. Après-midi, nous découvrons une oasis de quiétude en plein Marrakech : le jardin de Majorelle. Ce peintre français, célèbre par son bleu caractéristique, était aussi un remarquable collectionneur de plantes, pour notre plus grand plaisir. Ce soir, le dernier déjà, nous irons encore flâner, comme les Marrachi, au fil des échoppes, à l’affût de quelques dernières émotions visuelles, sonores et olfactives de cette ville bouillonnante et cosmopolite. Et puis nous nous endormirons avec le chant du muezzin. En route vers Marrakechvendredi 16 avril 2010 @ 16:24 Après le déjeuner matinal, nous retrouvons la vallée du Draâ. A Agdz, où le souk a eu lieu hier, nous quittons l’axe Nord Sud, en direction de Tazenakt, vers l’ouest. Ce village fourmille de tisserands. Nous y faisons halte pour admirer les artisans et observer leur dextérité à manier le peigne et à nouer les brins de laine. L’activité du tissage occupe une place prépondérante dans l’économie de Tazenakt, comme dans d’autres villages du Maroc d’ailleurs. Résisterons-nous aux couleurs chatoyantes et aux riches motifs ? Il doit encore rester de la place sur le toit du véhicule pour quelques beaux tapis ... Après avoir visité la coopérative villageoise, nous poursuivons, cette route paradisiaque, sous le soleil. Nous rejoignons la nationale, puis cap vers Marrakech. Il nous reste près de quatre heures de route, à travers les montagnes, et le col de Tichka. En passant, nous saluerons une dernière fois les quelques personnes du village, au travail dans les échoppes, le long de la route. Nous arrivons, en début de soirée, dans la ville rouge. La transition est brutale, après les paysages, le calme, la vie sereine des campagnes et des oasis, nous retrouvons l’agitation moderne, les bruits et les odeurs agressives de la ville. Nous traversons la très célèbre place Jemma el-Fna, en pleine effervescence, pour rejoindre le Riad où nous logeons ce soir. Aujourd’hui, nous soupons en ville. Peintures rupestres et bibliothèquejeudi 15 avril 2010 @ 19:29 Après le petit déjeuner, nous quittons notre bivouac en 4x4. A la sortie de M’Hamid, c’est la fin de la route goudronnée et le début de la piste. Comment les chauffeurs reconnaissent-ils leur route dans ces lieux désolés, dépourvus de toute indication ? La végétation se fait de plus en plus rare. Nous faisons halte dans l’oasis sacrée d’Oum Lâalag. Une ancienne croyance raconte qu’une âme protectrice l’habitait et veillait sur les voyageurs. Un des chauffeurs ramasse du petit bois pour le feu du soir. Nous savourons la fraîcheur sous les ombrages des palmiers et nous observons les grenouillent dans le filet d’eau. Il est temps de reprendre la piste vers les dunes de Chegaga. Un thé aux portes du Sahara nous attend. Nous grimpons jusqu’au sommet de la dune la plus haute pour admirer le coucher du soleil. Les plus courageux se lèveront demain matin, avant 5h, pour le voir se lever. Après une veillée de chants et de danses autour du feu : le silence, les étoiles. Chacun se retrouve avec lui-même et prend la mesure de sa petitesse face à l’infini ... A dos de dromadairemercredi 14 avril 2010 @ 22:34 Après avoir quitté, avec émotion, nos correspondantes de Beni Zouli, nous repartons en minibus vers le Sud où un moyen de locomotion original nous attend. Dromadaire, aussi appelé vaisseau du désert, doté d’une seule bosse (contrairement au chameau qui en a deux). D’humeur inégale, parfois capricieuse, il est résistant et grand coureur ! Juste le temps de nous apprivoiser mutuellement, et nous voilà partis, juchés sur son dos, pour une randonnée qui nous nous emmène à la découverte de la palmeraie de Fezouta, connue pour sa fragilité écologique. Notre journée s’achève par une nuit particulière aux pieds de dunes de sables fascinantes. Quelques instants d’intimité avec nos carnets de bord sont bien nécessaires pour transcrire une partie de nos impressions. Aucune sollicitation de la vie moderne ne pourra venir troubler nos échanges du soir. Bien loin, quelque part dans le Sud du Maroc, nous comptons les étoiles et les astres dans les cieux ... Bonne nuit tous les petits amis, faites de doux rêves. Tissergatmardi 13 avril 2010 @ 20:54 Expérience très particulière pour nous aujourd’hui, nous accompagnons nos correspondantes dans leur collège. Les échanges promettent d’être enrichissants malgré la difficulté de langue. Dans l’après-midi, nous visiterons le musée de Tissergat, dédié à la vie rurale. Des outils, vêtements, ainsi que de nombreux objets de l’artisanat local y ont été rassemblés. Cela nous donnera quelques clés de meilleur compréhension pour cette région que nous découvrons avec tant de plaisir. Deux jours d’intense communication et de découvertes multiples s’achèvent déjà. Demain, nous partons, en reprenant la direction du Sud. Beni ZouliDimanche 11 avril 2010 @ 19:47 Le centre de développement rural féminin de Beni Zouli accueille 42 jeunes filles, issues des campagnes éloignées et de familles modestes. Celles-ci ont l’occasion de poursuivre leurs études secondaires dans un collège de la région. En plus, du diplôme de fin d’humanité (bac français), elles suivent une formation qualifiante en comptabilité afin de trouver plus rapidement un emploi. Nous passons toute la journée avec nos correspondantes qui nous ont préparé un programme d’activités très diversifié. Un match de mini foot, la préparation traditionnelle du couscous, des crêpes et de pâtisseries. Nous participerons également à un atelier d’artisanat, fabrication d’objets sur base de matières recyclées. En fin de journée, nous partirons à la découverte de la palmeraie de Beni Zouli. Les échanges et discussions se poursuivront en soirée avec nos hôtes. AmerhidilSamedi 10 avril 2010 @ 20:15 Le matin, visite de la très jolie casbah d’Amerhidil. Construite au XVII ° siècle, en plein coeur de l’importante palmeraie de Skoura, elle figure encore sur les anciens billets de 50 Dirhams. Les habitants de la palmeraie vivent principalement de l’agriculture. Plusieurs artisans, potiers et vanniers, perpétuent les gestes ancestraux. De plus, depuis quelques années, le tourisme renforce l’économie de la région. Nous mettons le cap vers le Sud, direction Béni Zouli (15 km au Nord de Zagora) en rejoignant la merveilleuse vallée du Draâ. Une succession d’oasis luxuriantes bordent le fleuve (long de plus de mille kilomètres) qui les fertilise et qui les fructifie. La végétation abondante et la relative densité de la population contraste avec les reliefs arides que nous venons de traverser et les plaines désertiques que nous découvrirons dans quelques jours. Ressource économique principale : les dattes. Plus de deux millions de palmiers-dattiers produisent annuellement près de vingt mille tonnes de dattes. Nous vous en rapporterons bien quelques-unes. Couscous ou tajine, ce soir ? Peu importe, nous sommes tous impatients de rencontrer les jeunes files du centre de développement féminin. Nous passerons la soirée ensemble. Vers le SudVendredi 9 avril 2010 @ 18:12 Aujourd’hui, changement de décors. Nous partons vers le Sud avec Ahmed. Nous chargeons les bagages sur le minibus et nous embarquons. Première étape de la journée, Ait Ben Haddou. A 10 kilomètres de la route principale, le ksar, ensemble de maisons et de casbahs en pisé brun-rouge, se révèle à nous. C’était une étape sur la route des caravanes. Il servit notamment de lieu de tournage pour quelques scènes de “Laurence d’Arabie”. Inscrit depuis 1987 au patrimoine mondial de l’Unesco, il fait l’objet de travaux importants de restauration et de réfection. Après le repas, nous continuons le long de la route des casbahs, dans la vallée du Dadès. Les oasis apparaissent le long de l’oued, souvent à sec. Près de M’Gouna, nous sommes dans la vallée des roses. Près de 4000 tonnes y sont récoltées chaque année, on en extrait l’eau de rose, utilisée en cuisine et en parfumerie. De fréquents arrêts, nous permettent de remplir d’images et nos yeux et nos appareils. Nous arrivons, en fin d’après-midi à l’entrée de Skoura. Nous logeons dans une auberge avec vue sur la palmeraie. Que du beau ! Dernier jour au village - jeudiJeudi 8 avril 2010 @ 20:25 Nous sommes fourbus, mais émerveillés de la ballade sur le plateau : paysages époustouflants, cascades rafraichissantes, troupeaux et bergers… Malgré l’effort, Anne-Catherine et Laura P. ont entamé une partie de foot avec les ados du village. Le reste du groupe prend le temps de se reposer un peu. Ce soir, nous allons fêter le partage, les découvertes, et une dernière fois chanter et jouer avec les enfants du village . De ces quelques jours de vie intense, partagés principalement avec les enfants, nous tirerons les premières conclusions lors de notre petite réunion quotidienne. Qu’avons-nous vécu et découvert ? La langue berbère garde encore bien des secrets, mais nous communiquons plus aisément. Notre initiation à la cuisine locale se perfectionne et nous nous promettons de nous y essayer au retour. La vie au village - mercredi - suiteMercredi 7 avril 2010 @ 19:45 Ce matin, nous avons réalisé l'interview de Mohamed, responsable de l'association de développement du village. Nous avons abordé avec lui la problématique de l'eau. Depuis trois mois, toutes les habitations du village sont équipées en eau courante, ce qui facilite et simplifie beaucoup le travail des femmes, auparavant obligées d'aller chercher de l'eau à la source. Les conditions sanitaires ont ainsi été grandement améliorées, à la satisfaction générale. Le groupe fonctionne très bien - la nourriture est convenable (comme à un camp) - il fait très beau La vie au village - mercrediMercredi 7 avril 2010 @ 9:35 Podcast Jour 3 - Anne-Catherine Chaque jour, à travers les diverses activités menées, nous découvrons un peu plus. L’aide à la préparation des repas, la vaisselle, les animations avec les enfants, tout contribue à favoriser les contacts avec les habitants. Nous prenons la mesure de la vie simple et rude des habitants des montagnes. Ici, pas d’artifice, pas de superflu. Une vie organisée autour des activités essentielles à la vie. Les berbères sont les premiers habitants du Maroc, leur appellation provient du nom que leur avaient attribué les romains “Barbares”. Leur première caractéristique est l’Amazighe (homme libre). Cette langue dont ils sont fiers est considérée comme la plus ancienne d’Afrique du Nord. Elle appartient au même groupe que l’hébreu et l’arabe. La culture berbère, essentiellement orale, est officiellement reconnue, depuis 1994, enseignée dans les universités, diffusée en radio et télévision. Mais il reste encore du chemin pour une intégration réelle ... D’autres éléments importants de la culture berbère sont la musique, les rites religieux particuliers, les fêtes des récoltes, les motifs des tapis, ... Deuxième journée au villageMardi 6 avril 2010 @ 19:45 Le déjeuner devant le gîte nous offre un point de vue exceptionnel sur le village et nous profitons tous pleinement de l’environnement naturel magnifique où nous séjournons. Nous bougeons beaucoup : le village est tout en longueur et en dénivelé, nous montons et descendons souvent. Les activités se multiplient, les contacts deviennent plus faciles. Les enfants s’amusent beaucoup de notre prononciation et nous avons de beaux fous rire avec l’apprentissage des chansons et l’animation des jeux de société. Nous appréhendons petit à petit le mode de vie de nos hôtes, leur culture, leurs coutumes, ... La communication s’élabore. Aujourd’hui, selon le programme : rencontre et échange avec quelques femmes. Une nouvelle occasion pour nous de plonger encore d’avantage dans la réalité qui est la leur. Peut-être aurons-nous l’occasion de visiter avec elles l’association des femmes d’Ighrem. Première journée complète au villageMardi 6 avril 2010 @ 10:23 Nous nous éveillons à 1800 mètres d’altitude, cela nous change de la Basse Meuse. Hier, nous avons expérimenté nos premiers mots. La prononciation est loin d’être parfaite, certains semblent plus doués que d’autres. Faute de mots, les sourires et les gestes sont de bons outils pour une communication élémentaire, mais cependant chaleureuse. Nous allons maintenant prendre pleinement la mesure de la communication inter culturelle que nous avons préparée lors de nos formations et mettre en pratique nos talents relationnels. Nos contacts avec le village, ses habitants, son environnement se développent aujourd’hui dans l’action. Plusieurs activités sont au programme. Au menu pour aujourd’hui et les jours suivants : cuisine, peinture, animations et, échanges musicaux avec les enfants, apprentissage linguistique, ... Nous avons du pain sur la planche ! Bonne journée à tous.
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