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En
septembre 1997, pour célébrer la fin de la restauration du Spitfire
XIV, nous l'avons sorti et exposé sur le parvis du "Cinquantenaire".
Le
travail de remise en état sur cet appareil avait commencé en 1977.
En
vérité ont devrait dire le travail de remise en état des appareils
comme l'exemplaire du musée résulte de l'assemblage de trois avions
qui sont, selon les renseignements, les SG 55, 46 et 37.
C'est
principalement grâce au travail de Stefaan Vancauteren et d'Eric
Dessouroux, aidé de Christian Daulies, Serge Colin et Marc Lecocq
que ce travail a pu être effectué.
Historique
Il
fut commandé à Vickers-Armstong le 27 juillet 1942 sous le contract
n°1877/C23. Il sortit de l'usine d'Aldermaston en 1944 et reçut
le serial RAF MV246.
Le
25 novembre 1944, il subit son premier "Production Test".
Il était piloté par Philip Wigley et le vol ne dura que 20 mn
vu que le pilote ne détecta aucun vice. Ce "Production Test"
consistait en une montée à pleine puissance jusqu'à 25000 pieds
et un vol à vitesse maximale afin de vérifier si l'appareil atteignait
la vitesse voulue. Ces deux tests étaient suivis d'un piqué jusqu'à
la vitesse limite autorisée (environ 500 m.p.h.) pour s'assurer
du bon contrôle de l'avion, en particulier celui des ailerons
et de la profondeur.
Le
Spitfire ne servit jamais dans un Squadron opérationnel de la
RAF et fut stocké au n° 9 Maintenance Unit de RAF Cosford le 29
novembre 1944.
Vendu
à la Force aérienne belge le 26 août 1948, il arriva en Belgique
le 1èr septembre et reçut le serial SG-55. Il fut ensuite affecté
à la 349e Escadrille du 1er Wing de Beauvechain en tant que GE-R.
Sa
vie opérationnelle sera de très courte durée car le 11 Octobre
1948, Harry A. Saeys le pose sur le ventre à Opveld suite à une
panne de réducteur.
Dernier
vol du SG-55.
(reprise
de l'article publié dans la revue de l'AELR)
C'était
au temps où Beauvechain renaissait, sous la houlette du Major
Colignon, avec les 349 et 350èrne Escadrilles de Chasse de Jour.
C'était
au temps où évoluait également à Beauvechain la 10e Esc de Chasse
de Nuit sous l'autorité du Major Fiske Van de Velde.
J'eus
la chance d'avoir été versé à la 349e Esc, théoriquement dirigée
par le Major P. Deschamps. Je m'étais glissé et adapté au A Flight
sous l'autorité pratique du Capitaine L. Divoy et avec l'amitié
des pilotes Godefroid, J. Huberi et H. Kreps. Le B Flight était
commandé par le Capitaine Mathys et se composait des pilotes L.
Lecomte, F. Goosse, 0. Leciercq, A. Rouck et J. Notte. L'administration
de l'escadrille était gérée par les Lts. Gust Francken et Remacle
d'abord et par le Lt. Techy ensuite.
Je
pourrais ajouter que le décor se composait d'un dispersal en bois
entouré de "steel planking" faisant office de béton
et auquel était accolé un échafaudage construit de nos mains et
qui servait d'observatoire aux pilotes au sol pour apprécier les
atterrissages de leurs collègues.
C'est
en septembre 1948 qu'un nouvel avion nous fut livré. Le Spitfire
F XIVC MV246 ayant reçu le serial belge SG-55 fut en effet réceptionné
par la 349e Esc où il lui fut donné le code GE-R. Il avait la
verrière en forme de goutte d'eau (tear drop canopy).
La
joie de le piloter m'échoit le 11 octobre 1948: une mission de
vol en tant que Red 2 du Lt Techy accompagné des Lt. H. Kreps
et Sgt. J. Hubert. Nous volions depuis 35 minutes en - Battie
- formation ou "Finger 4" et vice versa lorsque tout
à coup, à la droite du leader et en -close Vic formation, sans
signe avant-coureur ni raison apparente, je me sentis reculer
par rapport aux équipiers.
Ce fut une sensation étrange, d'autant plus que les instruments
ne rapportèrent aucune anomalie visible et que le moteur Griffon
tournait allégrement. D'un réflexe instinctif, le premier mouvement
fut d'ouvrir les gaz dans l'espoir subconscient de reprendre ma
place d'ailier puis de les réduire aussitôt. Les cinq pales de
l'hélice tournaient sous le seul effet du vent relatif, ma vitesse
chutait à vue d’œil et les copains s'éloignaient irrémédiablement.
C'est
dans ces conditions que l'instruction que nous avions suivie porta
ses meilleurs fruits: les exercices d'emergency cent fois répétés,
les expériences des autres cent fois racontées provoquèrent cet
automatisme, ce drill ponctuel dont la rapidité et la précision
ont sauvé tant de pilotes grâce à un raisonnement froid et à l'absence
momentanée de toute émotion.
Il
était dérisoire d'insister à l'altitude de + 1.500 ft où j'évoluais.
Il fallait rendre la main et garder une vitesse suffisante de
± 130 Knts, couper le moteur, chercher un terrain adéquat, lancer
les "mayday" de circonstance, couper tous les contacts
électriques, la pompe à essence, la "booster pump",
le chauffage, fermer l'arrivée d'essence, la radio, garder constamment
en vue l'aire prévue d'atterrissage, surtout ne pas sortir le
train, glisser la verrière en arrière en position ouverte, ouvrir
d'un cran la petite porte d'accès (afin d'empêcher que le "hood"
ne se referme au moment du choc), serrer son harnais. Le sifflement
de l'air est le seul bruit que je perçois encore.
Tout
cela se passa très vite et laissa peu de temps à la réflexion.
Là, à gauche, mon champs: on vient d'y récolter la betterave et
dans un labour voisin, un fermier et son cheval passent la herse.
L'altimètre détourne irrémédiablement ses aiguilles et me presse
à agir vite. Je resserre une dernière fois mes "straps"
à fond pour me caler, m'incruster dans mon siège, pour faire bloc
avec le Spit. Et déjà la terre s'approche. L'hélice continue sa
ronde paresseuse.
J'étais
confiant car la place pour me poser ne manquait pas et le Spitfire
avait la réputation de faire tout très bien... même ça! Altitude
600 ft, je descends les «flaps. (il n'y a que 2 positions: "Down"
ou "Up"). Cela semble descendre beaucoup plus vite;
je réduis légèrement la vitesse à 110 Knts et la nouvelle position
"nose down" me donne la possibilité de voir devant moi,
d'étendre ma vue sur les quelques dizaines de mètres qui me séparent
du chemin bordant le champs labouré. Comme beaucoup de chemins
de la région Leuven-Tienen, celui-ci était légèrement en contre-bas
et je ne réalisais le relief qu'à ce moment précis. J'arrondis,
je tire sur le manche et le sol disparaît devant moi tandis que
le Spit vibre légèrement, silencieusement, frémissant d'appréhension.
Au ras du sol, je cabre pour casser la vitesse au maximum.
Voyant
subitement les pales de l'hélice se réduire et s'émietter, je
décidai de rendre la main pour plaquer l'avion au sol. Je savais
que le long nez effilé du Spitfire XIV était, d'après les anciens,
un patin merveilleux en cas de pépin. Dans un bruit épouvantable,
un choc se mua en glissade dans la position d'un hélicoptère qui
prend de la vitesse. L'avion pivota sur la gauche, tout en labourant
le sol meuble dont le sable en une gerbe énorme me remplit le
cockpit. A bout de course, mon "bobsleigh" s'immobilisa
quelques 35 mètres plus loin et le silence m'assaillit à nouveau.
Par crainte du feu, je défis mon harnais et mon parachute par
un coup sec sur le Quick release.
Alors
que je me hissais avec empressement hors de l'habitacle, je sentis
une douleur en haut du crâne: un débris de l'hélice en bois, probablement
projeté en hauteur lors de l'impact au sol, m'était retombé dessus.
Malgré
la bosse, cette aventure m'a laissé un excellent souvenir et une
confiance accrue dans la solidité et la maniabilité de ce merveilleux
engin qu'était le Spitfire.
L'avion
n'a accumulé que 23 heures et 35 minutes de vol et ne reprendra
plus jamais l'air. Il sera définitivement déclassé par l'Arsenal
U.R.(Evere) le 10 août 1951.
Dès
1950, le Musée Royal de l'armée, ayant fait savoir son désir de
posséder un Spitfire, entra en contact avec l'Arsenal d'Evere.
Ce groupement récupéra des ailes, un empennage, un moteur et une
hélice sur du matériel déclassé mais le problème le plus important
était de trouver un fuselage car toutes les cellules en bon état
étaient récupérées et réparées. Le fuselage de SG-55 fut finalement
choisi et c'est ainsi qu'un Spitfire FXIVc entra au Musée de l'Armée
le 25 février 1951.
Longtemps
exposé au musée de l'armée, il est entré à la section Air en 1976
à l'occasion des festivités pour le 30èrne anniversaire de la
Force Aérienne.
C'est
en 1977 que les premiers travaux de restauration débutèrent.
Renaissance
du MV246
Déjà
en 1975 ont envisageait de remettre en état le Spitfire FXIV,
ou au moins de le remettre dans ses couleurs du 350ème wing .
C'est
en 1977 que le travail de remise en état débuta.
Le décapage de la cellule mis à jour d'important
dégâts au niveau de la cellule. Diverses autres surprises,
telles que des jambes de train de types diférents, furent
mis à jour.
Les
longerons inférieurs du fuselage furent réparés par l'Ecole Technique
de Saffraanberg vers 1978.
Dès
son retour au Musée, des équipes de bénévoles se remirent au travail.
Beaucoup
abandonnèrent celui-ci, sans doute découragés par l'ampleur de
la tâche à accomplir ou par manque de motivation.
Ce
n'est qu'au début des années 80 qu'une équipe dirigée
par Stefaan Vancauteren et Eric Dessouroux a repris sérieusement
le travail.
En
quelques grandes lignes, quelques-unes unes des étapes d'un long
et patient travail:
- 1981
Cellule et ailes ont été nettoyées, décapées, réparées, traitées,
repeintes (intérieur/extérieur).
- 1982,
réservoir d'huile démonté, décapage de la section cockpit
- 1983,
empennage démonté et totalement remis à neuf
- 1984,
cockpit en zinc chromate, rudder rentoilé
- 1985,
cockpit en cours de remontage
Le
20 avril 1985, l'avion fut remonté sur son train d'atterrissage.
Beaucoup restait encore à faire.
- 1987,
installation du griffon 65 et de l'hélice
- 1990,
remplacement du griffon par un autre en bien meilleur état
- 1990,
début des travaux de peinture
- 1996:
fin des travaux
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