Douglas B-26 "Invader"  


 

 

Tel qu'il était lors de sa remise officielle à l'University of Illinois, en 1965.

 

 

Lors de son séjour à Deurne entre 1969, date de sa saisie, et 1979.

Deurne, années 1969-1979

 

Un peu avant son démontage et son transport à la section "Air et Espace".

Un "envahisseur" pacifique

Construit à la fin de la seconde guerre mondiale, le B26 Invader( numéro d'usine n° 28044, serial 44-34765) n'a jamais participé à aucun conflit.

Modifié pour pouvoir être vendu sur le marché civil, il fut finalement saisit par la douane pour défaut de payement. Il séjourna alors à Deurne, en plein air, pendant quelques anées.

Finalement cédé au musée, quelques bénévoles ont directement commencé à travailler sur l'appareil. Les marquages civils disparaîtront rapidement et l'armement (nez et ailes) réinstallé.

Malgré une condition générale plutôt bonne, le B26 a souffert de son séjour à l'air libre. Un gros travail de traitement et de prévention de la corrosion est donc nécessaire.

Historique

Le Douglas A-26B "Invader" du musée de l'Air à Bruxelles, est sorti des usines Douglas Aircraft Company à la fin de la deuxième guerre mondiale, suite à une commande de l'United States Air Force d'un lot de vingt et un bombardiers d'attaque du type A-26B-65-DL.

Il ne portera jamais son serial USAF 44-34765 (factory number 28044), l'USAF annulant sa commande du fait de la fin des hostilités. Cependant, les vingt et un appareils sont terminés et stockés.

Un bon nombre en est livré à l'armée de l'Air française mais pas l' US serial 44-34765 en question qui est acheté, en février 1946, par Charles H. Babb pour le compte de sa société californienne.

Cet avion reçut l'immatriculation N67160 qu'il gardera jusqu'à son arrivée au musée de l'Air de Bruxelles.

 

Arrivée du B-26 au Cinquantenaire.

 

 

Le grand Hall, encore décoré de la "fresque" représentant la bataille de l'Yser.

L'avion fut démonté et transporté au musée dans le courant de l'année 1979.

 

Remontage du B-26

En janvier 1947, l'avion passe à l'Hudson Engineering Corporation, compagnie pétrolière du Texas, qui le transforme en appareil de liaison (executive aircraft).

La Sperry Gyroscope Company (actuellement Sperry Flight Systems), division de la Sperry Corporation, l'achète en février 1951 et en retire les derniers supports de canons, toujours en place.

Pendant environ six ans, l'appareil est utilisé en version « exécutive ». Bien que très rapide pour l'époque (500 km/h en croisière), il est bruyant et inconfortable. Un exemple qui ne manque pas de piquant : les toilettes, situées entre les longerons d'ailes qui se rejoignaient dans la cabine, étaient difficilement accessibles et utilisables.

En 1959, l'appareil est envoyé à la ON Mark Engineering Company, à l'aéroport municipal de Van Nuys en Californie, pour une révision complète. Il est repeint, par la même occasion, et on y installe des réservoirs supplémentaires en bouts d'ailes et un train d'atterrissage de DC-6. L'avion est alors utilisé pour le transport du fret et de passagers entre l'usine de Sperry de Long Island et les endroits où la Compagnie possède des installations et des intérêts mais également pour effectuer des tests d'évaluation de ses produits (instruments, appareillages, etc.).

En 1965, la Federal Aviation Administration (F.A.A.) avise Sperry de l'obligation dans laquelle elle se trouve de lui retirer le certificat de navigabilité, des fissures croissantes ayant été découvertes dans un des longerons du N67160.

L'avion est alors "immobilisé au sol". Suite à cela, la Compagnie Sperry en fait don à l'institut d'Aviation de l'Université de l'Illinois. La F.A.A. émet un certificat restreint de navigabilité pour le vol de livraison qui a lieu le 7 septembre 1965.

L'Université, après avoir effectué les modifications qui s'imposaient, reçoit un nouveau certificat de navigabilité et utilise l'avion, pendant quelques mois pour le transport de son personnel.

Vu le coût élevé de la maintenance et le peu de places disponibles pour les passagers, l'Université le transfère à la flotte d'entraînement de l'institut d'Aviation où il restera jusqu'en mars 1966.

 

 

 

Les réservoirs de bouts d'ailes ne furent jamais remontés.

Photo du poste de pilotage

 

Réinstallation de l'armement.

Quelques années après son arrivée, la livrée civile a entièrement disparut.

Par la suite il passe à la Walston Aviation Inc., à Alton, dans l'Etat de l'Illinois. A partir de ce moment et jusqu'en 1969, l'appareil voyage d'une société à l'autre et est finalement vendu à un citoyen allemand, Walter Rali, et exporté en Allemagne.

 

L'immatriculation D-CAFY qui lui est destinée ne sera jamais appliquée.

Toujours cette même année, on retrouve le N67160 à Anvers, loué par la Centrale anversoise de homards, piloté par un équipage américain, pour le transport des crustacés de Turquie vers la France et la Belgique.

L'avion venant d'Ankara, avec sa cargaison, se voit refuser l'atterrissage à Lyon par les autorités françaises de l'Aviation civile, la firme anversoise ne possédant aucune autorisation valable pour la France.

Toujours en 1969, la régie des voies aériennes saisit l'avion à Anvers et en fait don, en mars 1976, à la section air et Espace» du Musée Royal de l'armée à Bruxelles.

Arrivée de l' « Invader » au musée

En 1979, l' « Invader » est démonté et amené dans le grand hall du musée de l'air. Aucune restauration du N67160 dans sa livrée civile n'est envisagée, à l'époque, par les responsables du Musée.

Les équipements électroniques de la version civile sont retirés du nez de l'avion pour faire place à 8 mitrailleuses 12,7 mm. Les mitrailleuses d'ailes sont également réinstallées et deux tourelles récupérées.

A noter que les mitrailleuses sont des mitrailleuses de F-84 et donc légèrement différentes de celles installées normalement sur un B-26.

En plus de ces transformations, la livrée civile de l'appareil a rapidement disparu et, pendant de nombreuses années, le B-26 portera une livrée vert-jaunâtre (yellow zinc chromate) crasseuse.

Il restera ainsi durant de nombreuses années, quelques bénévoles y travaillant occasionnellement mais sans aucun plan précis. Certaines pièces furent repeintes en noir avec, vraisemblablement, l'idée de mettre l'appareil aux couleurs d'une escadrille d'intruders.

 

Le B-26 dans sa livrée vert-jaunâtre

 

 

Démontage des sous-ensembles.

Nez de l'appareil, sans ses mitrailleuses.

 

Vue arrière du tableau de bord.

Remise en état

Vers 1997 un technicien de la force aérienne, Jean Moulin, reprend le chantier en main.

La liste des travaux à réaliser est longue : moteurs, jambes de trains, baies de train, revêtement des fuseaux moteurs, ont fortement souffert de leur séjour prolongé à l'air libre.

Ayant déjà été remilitarisé, il fut décidé de mettre l'avion, sous son serial, aux couleurs de la seule escadrille ayant opéré en Belgique sur ce type d'appareil.

Seule entorse à la réalité historique: une disposition des mitrailleuses de nez légèrement différente.

Afin de rendre cet avion rapidement présentable, la première grande étape fut de traiter correctement les sous-ensembles et le revêtement avant l'application d’une peinture extérieure correcte.

Avec l'aide de bénévoles travaillant normalement sur d'autres projets (vu l'ampleur de la tâche), les sous-ensembles (nez, empennages, ailerons, trappes de trains, de bombe, bloc de commande de profondeur) furent démontés, réparés, traités et repeints.

Préparation à la peinture

L’avion a dû être entièrement poncé, pour éliminer les zones de corrosion et la « peau d’orange » qui le recouvrait.

En effet, les bénévoles des années 80 étant fort démunis, ils ont appliqué une couche de zinc-chromate à l'aide de morceau de mousse synthétique ! Efficace, si ce n'est une couche de peinture extrêmement épaisse et inégale.

Il fallut également prendre soins des centaines de vis composants l'avion. Les photos ci-jointes illustrent le long et fastidieux travail qui a été accomplit.

 

Enfin prêt pour la peinture.

 

 

Préparation du matériel.

La couche de zinc-chromate vient en premier.

 

Suivie de la couche de peinture aluminium.

Fin 1999, la peinture extérieure est finie.

Peinture et décorations

La peinture finale enfin appliquée, les différents marquages de l’appareil furent repeints, entre autres les stencils, immatriculations, marquages d’escadrille et, pour couronner le tout, l'inévitable pin-up.

De nombreuses informations de détails ont été glanées lors de notre visite à Historic Aircraft.

Quant à la pin-up, elle a été dessinée par Jean Berthet, auteur de la série du même nom, une talentueuse dessinatrice se chargeant de peindre le dessin sur l'appareil.

Ya plus ka

Ceci ne signifie pas la fin du travail, loin de là: baies de trains et trains sont entièrement démontés.

Le train avant a particulièrement souffert de la corrosion : dépourvue de frein, la roue avant projette dans son logement la boue et l'eau de la piste.

Cela veut dire : démontez les accessoires, les circuits électriques et hydrauliques, décaper, traiter la corrosion, peindre et remonter le tout. Quant aux composants eux-même, idem. De même pour les hélices et capots moteurs.

Après cela, il faudra encore démonter les moteurs pour les remettre à neuf, réinstaller les cloisons internes et reconstruire l'ensemble tourelles-poste de tir-périscope.

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