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Mon enfant aura-t-il mal après l'opération ?

Prise en charge de la douleur post-opératoire haut

Quel que soit le type d'intervention qu'il va subir, votre enfant recevra un traitement antidouleur dès la fin de l'opération. Le personnel médical est sensibilisé à la problématique de la douleur de l'enfant. Longtemps méconnue voir déniée, cette dernière est davantage identifiée et reconnue. Les propos que l'on entendait encore il y a quelques années : "un nourrisson n'a pas mal..." n'existent plus (ou, en tout cas, tendent à disparaître). Les petits prématurés aussi ont droit à cette reconnaissance !

Votre enfant fera l'objet de soins attentifs pour favoriser son confort et son bien-être.

La douleur : quelques points de repères haut

Certaines nuances sont à prendre en considération à propos de la douleur. Pour ce faire, arrêtons-nous quelques instants sur sa définition par l'Association Internationale pour l'étude de la douleur :

"La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes impliquant une telle lésion."

La douleur est donc un phénomène subjectif. Un stimulus douloureux est perçu différemment par chacun. Son intensité est ressentie variablement selon l'âge de l'individu, son seuil de tolérance à la douleur qui est personnel et peut lui-même varier en fonction de son état psychologique, par exemple. Interviennent aussi la culture, l'éducation, et "l'histoire" du patient .

Ainsi par exemple, Stéphanie et Nicolas ont tous deux subi une greffe alvéolaire. Leur perception de la douleur au niveau des sites d'intervention (la hanche et la gencive) fut différente : tandis que l'un se plaignait davantage de douleur à la hanche (lieu de prélèvement du greffon), l'autre au contraire avait surtout mal à la gencive. Pour deux interventions semblables, deux expériences totalement différentes sont vécues.

Il est primordial d'écouter la plainte de votre enfant et de croire ce qu'il vous dit à propos de sa douleur. Une infirmière canadienne, madame MAC CAFFERY nous dit d'ailleurs : "la douleur est ce que la personne en dit et elle existe chaque fois qu'elle le dit."

La douleur s'exprime aussi autrement qu'avec des mots haut

Mais comment dès lors percevoir et comprendre la douleur du tout petit, qui ne parle pas ?

En observant son langage non verbal, son comportement, les petits signes qui traduisent sa souffrance.

Chez le nourrisson, elle peut s'exprimer sous la forme d'une agitation, de grimaces, d'un sommeil agité, de cris bien sûr, et parfois même d'une succion ininterrompue et intense. Entre 1 et 2 ans, le petit enfant s'exprimera davantage en pleurant, en criant. Le mot-clé de cette tranche d'âge est : "mal". Entre 2 et 7 ans l'enfant utilisera des mots dotés de nuances plus ou moins riches, mais surtout il adoptera des positions antalgiques. C'est souvent son corps qui parlera (par exemple le visage pâle, grimaçant). Tandis qu'un enfant plus âgé exprimera sa douleur avec des mots et des gestes plus explicites.

Les médecins et les infirmières sont attentifs à ces différents moyens d'expression : un visage crispé ou figé, de l'agressivité, le replis sur soi. Mais aussi une respiration plus rapide, la protection des parties douloureuses du corps avec sa main, ou au contraire un évitement de contact avec la zone douloureuse. Des cris puissants ou plaintifs, ou inversement un silence inhabituel, un abattement, une recherche de communication plus importante avec ses parents, ou un rejet de son "doudou" sont autant de signes qu'il ne faut pas négliger car ils peuvent parfois nous révéler que l'enfant a mal.

Il faut essayer de prévenir l'apparition de la douleur et la traiter dès qu'elle se manifeste haut

Votre enfant reviendra peut-être de la salle d'opérations avec une "pompe" d'antidouleur qui délivre de manière régulière et continue de petites doses d'antalgiques (= antidouleurs). C'est un moyen de "couvrir" 24 heures sur 24 une douleur post-opératoire, entre autres lors de la fermeture du palais. Cette intervention entraîne une douleur plus importante que celle par exemple qui vise à fermer la lèvre. Cette dernière semble n'occasionner que "peu" de gène au bébé qui tète parfois le sein de sa mère tout à fait normalement quelques heures après son réveil.

Si malgré les moyens mis en oeuvre pour éviter la survenue de la douleur vous avez l'impression que votre enfant souffre (peut-être en aurez-vous tout simplement l'intuition...), n'hésitez pas à prévenir l'infirmière qui s'en occupe afin que la douleur de votre petit soit prise en charge le plus rapidement possible. Inutile en effet d'attendre qu'une douleur s'installe, s'enracine et s'intensifie car elle sera moins facile à contrôler que si elle avait été soulagée en tout début d'apparition.

Voici pour clôturer une définition pertinente et pleine de sensibilité qui nous est donnée par madame A. GAUVAIN. Elle nous rappelle le caractère singulier, subjectif, intime, impalpable, et difficilement descriptible de la perception douloureuse :

"La douleur est éminemment personnelle, elle n'est qu'à celui qui souffre, elle ne se voit pas, ne s'entend pas, ne se palpe pas."

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Notons que des moyens autres que médicamenteux peuvent aussi aider votre enfant à vaincre la douleur. Ils peuvent faire l'objet d'un prochain "chapitre". --------------------------------------------------------------------------------